Iran. Des crimes contre l’humanité orchestrés par l’appareil d’État pendant le soulèvement Femme, Vie, Liberté de 2022 en Iran
Les autorités iraniennes ont commis des crimes contre l’humanité pour écraser le soulèvement Femme, Vie, Liberté entre septembre et décembre 2022. Elles ont tué illégalement des centaines de manifestant·e·s et de passant·e·s, dont des mineur·e·s, et ont persécuté leurs familles. Elles ont par ailleurs soumis des milliers d’autres personnes à des détentions arbitraires, des disparitions forcées et des actes de torture ou d’autres mauvais traitements, dont des viols et d’autres violences sexuelles. Amnistie internationale a cartographié les chaînes de commandement ayant permis ces crimes et identifié 87 personnes qui, selon elle, devraient faire l’objet d’enquêtes pénales.
Dans le cadre de ses recherches, Amnistie internationale s’est entretenue avec 270 personnes et a analysé plus de 2 000 vidéos et un vaste corpus d’éléments de preuve, notamment des déclarations officielles, des documents officiels divulgués à la suite de fuites, et des dossiers judiciaires et médicolégaux. L’impunité pour les crimes contre l’humanité commis en 2022 a ouvert la voie à de nouvelles atrocités, qui ont atteint leur paroxysme avec le massacre de milliers de manifestant·e·s par les forces de sécurité les 8 et 9 janvier 2026.
Le fait que la communauté internationale n’ait encore pris aucune mesure en vue de recourir à la justice pénale internationale contribue à la normalisation des homicides de masse de manifestant·e·s.
Amnistie internationale appelle le Conseil de sécurité des Nations unies à saisir la Cour pénale internationale de la situation en Iran, et l’Assemblée générale des Nations unies à établir un mécanisme international de justice pénale destiné à poursuivre les principaux responsables présumés de crimes
contre l’humanité commis en Iran.